Une malienne et une burkinabé sauvées de l’esclavage à Franceville après une vidéo qui a fait le buzz

Deux ressortissants de l’Afrique de l’Ouest ont été entendu par le procureur de la République de Franceville, capitale de la province du Haut Ogooué (sud-est) pour plus d’informations sur une prétendue exploitation à caractère esclavagiste dont elles seraient victimes de la part d’une malienne qui les faisait travailler nuit et jour sans repos depuis 9 ans sans rémunération, a rapporté samedi la télévision nationale gabonaise.

Fatoumata Ouedraogo, 18 ans de nationalité burkinabé et Maïmouna Abdouraego, 23 ans de nationalité malienne ont finalement quitté les griffes de leur prétendue bourreau, dame Rasmatou Konaré, de nationalité malienne après avoir posté sur les réseaux sociaux une vidéo alarmante sur leurs souffrances quotidiennes.

« Je travaille tous les jours, nuit et jour sans repos. Je fais tout genre de commerce. Je vends l’eau, je vends le lait, je vends le pain, je vends les couches câlines… En tout cas les travaux de la maison je fais tout. Vraiment il n’y a pas le repos, il n’y a pas le salaire. Ça fait déjà 9 ans », a affirmé Maïmouna à la sortie du tribunal de Franceville.

« Je suis venue au Gabon j’avais 11 ans. Mon oncle m’avait dit que je viens ici pour apprendre. Mais quand je suis venue ici il n’y a pas l’école, il n’y a rien. Je ne fais pas l’école. Je travaille nuit et jour. Il n’y a pas de revenus. Le jour que le refuse de travailler, elle me tapait », a pour sa part décrit Fatoumata Ouedraogo qui avait plus parlé dans la vidéo de sa vie de misère chez sa patronne.

Rasmatou Konaré, la présumée esclavagiste des temps modernes est restée de marbre face au zèle de ses « esclaves » désormais sous la protection des autorités judiciaires gabonaises.

Le Parquet de la République de Franceville a ouvert une information judiciaire conformément à l’article 225 alinéa 2 du nouveau code de procédure pénale.

Le phénomène des enfants esclaves est très présent au Gabon. Il est développé par les ressortissants d’Afrique de l’Ouest qui importent des enfants pour les faire travailler chez les particuliers ou dans leurs domiciles où ils font le ménage toute la nuit et le petit commerce toute la journée.

Vers la fin des années 90 et le début des années 2000, les rues de Libreville étaient infestées d’enfant esclaves cuvette sur la tête pour vendre les aliments et produits de beauté. Les patronnes n’hésitaient pas d’infliger une correction publique à ces enfants lorsqu’ils ne ramenaient pas une recette suffisante à la maison.

Sous la houlette de l’UNICEF, le Gabon a pris l’affaire au sérieux. Beaucoup d’enfants ont été interpelés par la police puis renvoyés dans leur pays d’origine aux frais de leur exploitant.

Le phénomène n’a pas totalement disparu. Les exploitants ont simplement changé de forme. Les enfants esclaves sont désormais un peu soignés dans leur apparence (bien coiffés, vêtus décemment, plus jamais bastonnés en public…) mais au fonds ils subissent des atrocités entre les quatre murs.

Marie Dorothée

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